"Parfois, il y a certaines personnes que vous voyez, debout au coin d'une rue, quand vous passez en voiture. Vous les voyez à un spectacle, vous les voyez au cinéma, et vous ne les voyez que pendant un court laps de temps, dix secondes, le temps qu'il faut pour passer... Quelque chose en eux reste toujours ancré dans votre tête. Et en vieillissant vous pourriez penser que vous perdrez ce souvenir ou que vous oublierez cet instant. Mais quelque fois vous n'y arrivez pas. Et quand, la nuit, vous vous allongez dans votre lit, juste avant de vous endormir, leurs visages vous reviennent... rien que pour une minute. Parfois la nuit, quand je m'allonge sur mon lit, je vois son visage... qui trotte dans ma tête. Là voilà qui arrive marchant dans la rue, elle a l'air si belle, elle a l'air si douce. Et un jour, je veux qu'elle soit à moi, je sais que j'y arriverai. Je sais qu'elle s'arrêtera au lieu de passer, elle s'arrêtera au lieu de passer... ma petite, ma petite, ma petite... ma petite, reviens, reviens dans mes bras..." (Largo, 23.11.1980)