"Une après-midi de 94, j'ai reçu un coup de téléphone de Jonathan Demme. Nous nous étions déjà rencontrés quelques années auparavant sur un tournage. Jonathan téléphonait pour me demander de réfléchir à l'écriture d'une chanson pour un film qu'il réalisait, Philadelphia. Ce film traitait de la lutte d'un homosexuel face au Sida et de son combat pour garder son poste dans un prestigieux cabinet d'avocats de Philadelphie.
J'avais établi un studio chez moi, à Rumson, et pendant plusieurs après-midi, j'ai retravaillé un texte que j'avais partiellement écrit et qui parlait de la mort d'un ami proche. Jonathan m'avait demandé une chanson rock pour ouvrir le film. J'ai passé une journée ou deux à essayer de m'adapter, mais les paroles que j'avais semblaient résister à une mise en musique dans le style rock. J'ai alors commencé à bidouiller sur un synthétiseur, jouant par-dessus un rythme d'influence hip-hop que j'avais programmé sur ma drum-machine. Dès que j'ai ralenti le rythme de quelques accords mineurs, les paroles se sont mises en place et la voix que je cherchais est arrivée.
J'ai terminé la chanson en quelques heures et envoyé une cassette à Jonathan pensant qu'elle ne conviendrait pas, mais pour voir s'il pouvait lui trouver une quelconque utilité [...]
Streets Of Philadelphia a été un succès grâce au film et parce qu'elle traitait d'un sujet que le pays essayait de saisir à ce moment-là. Comment traitons-nous nos filles et fils confrontés au Sida ? Comment leur fournissons-nous reconnaissance et compassion pour triompher du préjudice et lier ensemble des communautés disparates ? (Songs)