Bruce Springsteen
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Stockholm, 05 mai 1997

Polar Music Prize



Stockholm, 05 mai 1997
Fondé en 1989 par Stig "Stikkan" Anderson, le Polar Music Prize est un des prix de musique les plus prestigieux au monde qui, tout en dépassant les barrières musicales, récompense chaque année les musiciens, les groupes ou les institutions, en reconnaissance de leur exceptionnelle réussite. Les nominés sont sélectionnés par deux organisations internationales, la Confédération Internationale des Sociétés d´Auteurs et Compositeurs (CISAC), et la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI). Un comité (et non un jury), composé de membres suédois de l'industrie musicale, sélectionne les bénéficiaires de ce prix.

Grand Hôtel, Stockholm (Suède)

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Bruce Springsteen
"Merci. Je pensais essayer quelque chose des Trois Ténors, comme on me l’a suggéré cet après-midi (rires). Mais j’ai bu quelques verres et la Princesse Lilian a suggéré que je m’en tienne à mon propre répertoire, donc..."

The Ghost Of Tom Joad


"Merci. Tack (merci en suédois, ndt). Merci, oui, merci. Mon discours ici, j’espère... Je voudrais remercier votre Majesté... la Princesse Christine, Fru Magnussen, la Princesse Lillian et votre Excellence, Stig Anderson, les membres de la Royal Swedish Academy Of Music, les membres du Comité du Polar Music Prize d’honorer ma musique ce soir, avec ce prix.

C’est une source supplémentaire de joie que de recevoir ce prix aux côtés de M. Ericsson. Sa musique de chœurs, et plus particulièrement les chœurs de chambre, semblent être remplis de l’intensité et de l’âme de son pays. Et dans ma musique, j’ai aussi essayé de donner aux gens une notion du pays d’où je viens, son aspect physique, son paysage, son peuple, ses bénédictions et ses malédictions. Quand j’ai commencé, je n’étais pas autant préoccupé par le succès instantané ou par la conception de grands tubes que je ne l’étais à faire de la musique qui trouverait son chemin dans la vie quotidienne des gens, qui deviendrait une partie d’eux-même. Et je voulais illuminer ces vies, devenir leur compagnon, si je le pouvais, et leur donner un outil qui les aident à comprendre le monde dans lequel nous vivons, une carte faite à partir de ce que j’ai appris de ma propre expérience, quelque chose à transmettre et à partager... Je voulais trouver mon public, ma communauté spirituelle, mes frères et sœurs de sang, quelqu’un à qui je pouvais parler et qui partageait mes inquiétudes et mes obsessions.

Et j’étais loin de m’attendre à trouver ce public, non seulement dans ma ville natale, mais à des milliers de kilomètres, au delà des océans, des barrières liées à la langue, des différences culturelles et ce depuis longtemps maintenant, ici en Suède. C’est la raison pour laquelle je suis ici ce soir, pour remercier ce public, car c’est le public qui donne à mon travail son sens le plus profond. Quelque part, dans notre quête pour les choses que nous partageons et que nous avons en commun, il est possible d'entrevoir légèrement un monde parfait. Que ce soit dans l’héroïsme quotidien ou dans les personnes sur lesquelles je chante depuis 25 ans ou dans la beauté impossible des voix, dans le travail de chorale fait par M. Ericsson, il y a cette sensation de l’existence d’un endroit supérieur, d’une communauté plus humaine, d’un amour et d’une compréhension plus profonds de l’un envers l’autre. C’est le travail de l’artiste et c’est dans son public qu’il trouve la gratification de son travail. J’ai toujours été accueilli très chaleureusement ici en Suède depuis 1975. La seule performance que je regrette a eu lieu en 1985, où selon une rumeur, mon concert a détruit les fondations du stade de Göteborg (rires). Mais c’est ce qu’on dit, vous savez, tout le public dansant à l’unisson sur une version exubérante de Twist & Shout... on s’est bien éclaté à le faire, mais je vous assure que les dégâts causés étaient largement involontaires (rires), et je me suis inquiété au début, que le coût des réparations soit déduit de la somme d’argent qui m’est attribuée avec mon Polar Prize, mais M. Anderson m’a assuré que ce ne sera pas le cas, donc... (rires).

Stockholm, 05 mai 1997
Mais je n’ai jamais reçu de prix pour l’ensemble de mon œuvre, je me sens un peu trop jeune pour cela mais je vous remercie de votre générosité et de votre grâce et je promets de continuer à vous offrir du bon temps, du divertissement, des rires, quelque chose sur lequel danser, sur lequel passer l’aspirateur, faire l’amour à votre chéri(e) aussi (rires), et vous offrir un peu de compagnie durant votre propre voyage sur Thunder Road. J’accepte donc ce prix comme une tape dans le dos pour un travail bien fait durant cette première partie de ma carrière et j’espère suivre les pas de M. Ericsson et je vous verrai quand j’aurai 80 ans, d’accord ?

Skål ! (A la votre ! en suédois, ndt)".

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Thomas L. Sieberth, ambassadeur américain en Suède
"Votre Majesté, Stikkan Anderson, la Royal Swedish Academy. Il y a trois ans, lors de la cérémonie de remise de ce prix, le lauréat américain Quincy Jones avait porté un toast à ses frères et sœurs suédois. Lorsque j’entends une telle musique, Bruce, je me sens en compagnie d’une véritable âme sœur américaine. Il y a un véritable ambassadeur de l’Amérique assis ici dans cette salle... Et aux États-Unis, on fait référence à Bruce comme “Le Patron”. J’ai ici une lettre de mon patron qui se trouve à Washington.

"Cher Bruce,
Je suis extrêmement heureux de vous féliciter en tant que lauréat du Polar Music Prize 1997, attribué par la Royal Swedish Academy Of Music. Ce prix reconnaît non seulement votre versatilité en tant qu’artiste créatif, mais aussi votre esprit poétique et votre respect profond pour les racines de votre héritage musical. Depuis plus de 20 ans, vous êtes un leader qui détermine la direction du rock & roll américain. De l’exubérance passionnée du travail de vos débuts sur la côte du New Jersey, au témoignage riche et personnel de vos récentes performances acoustiques, vous avez excellé en tant qu’auteur-compositeur, chanteur, guitariste et leader d’un groupe, dans une profession où beaucoup d’autres seraient contents de réussir dans un seul de ces domaines. Tandis que vous continuez à composer et à jouer de nouvelles chansons, vous semblez toujours nous ouvrir de nouvelles portes, trouver de nouvelles expressions, une vérité intemporelle, et vous semblez nous aider à découvrir la pure et simple joie de l’expérience musicale. Je rejoins le nombre infini de vos fans de tout âge, partout dans le monde, pour vous féliciter au moment où vous recevez cet honneur musical de grande importance. Vous l’avez sincèrement mérité.
Amitiés,
Bill Clinton, Président des États-Unis
".

Merci".
Stockholm, 05 mai 1997


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