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Danny "Phantom Dan" Federici

organiste, accordéoniste



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Danny "Phantom Dan" Federici
L'époque : le début des années 60. L'endroit : Flemington, New Jersey. Et l'instrument : l'accordéon. Un objet dont le jeune Danny a appris à jouer en regardant le Lawrence Welk Show (1) et en prenant des cours pendant plusieurs années. Comme il maitrisait parfaitement les morceaux classiques et la polka, sa mère lui avait trouvé des engagements pour des fêtes, dans des clubs ou à la radio, gagnant même le fameux concours radiophonique et télévisé de Ted Mack, Original Amateur Hour (2).

Danny a quitté l'université très tôt, pour jouer avec d'autres musiciens, dont Bill Chinnock, avec lequel il fréquentera plus tard la scène d'Asbury Park, New Jersey. Au départ, le jeune Danny voulait jouer de la musique pour la télévision ou le cinéma. "Quand je suis allé sur la Côte Ouest pour la première fois, j'ai essayé de trouver du travail pour des films, pour la télévision, faire de la musique d'ambiance. J'ai réalisé que certaines des choses que je créais étaient probablement meilleures que ce que je pouvais entendre à la radio".

Le rock'n'roll est apparu à Danny à la fin des années 60, quand, influencé par le son de la British Invasion, il s'est mis aux claviers et a commencé à se montrer dans les clubs de la côte du New Jersey. Et avec son ami, le batteur Vinnie Lopez, ils ont commencé à vouloir monter un groupe et à chercher un chanteur. Leur quête s'arrêtera le jour où ils verront dans un club de la Côte, un jeune chanteur originaire de Freehold, nommé Bruce Springsteen. Le groupe Child, prédécesseur du E Street Band, était né. "Ce type maigre avec de longs cheveux et un tee-shirt miteux était un incroyable guitariste et un bon chanteur, alors nous lui avons demandé de se joindre à nous".

A partir de ce moment-là, lui et Bruce Springsteen ne se quitteront plus jamais et joueront toujours ensemble (de Steel Mill à Dr Zoom & The Sonic Boom, en passant par le Bruce Springsteen Band jusqu'au E Street Band). Danny Federici passera plus de trente ans à côté de son ami de jeunesse. C'est son orgue qu'on entend sur Kitty's Back, c'est son accordéon qui sonne comme un manège sur la lancinante ballade 4th Of July, Asbury Park (Sandy).

Mais entre les concerts géants et les tournées mondiales, se trouvait le véritable amour musical de Federici : le jazz. Il n'a jamais oublié le jour où il en a entendu pour la première fois : "Mon professeur d'accordéon au Conservatoire de Musique à Philadelphie était malade et il a envoyé un remplaçant qui a dit, "Asseyez-vous. Je veux jouer quelque chose pour vous. Il a joué du jazz avec l'accordéon, et je n'avais jamais rien entendu de tel... C'est peu après que j'ai arrêté d'étudier la musique classique et que j'ai fais mes propres trucs".

Avant et tout au long de sa carrière au sein du E Street Band, Danny Federici a composé quantité de morceaux instrumentaux mais n'avait jamais cherché à les enregistrer. En 1997, il se décide finalement à enregistrer son premier disque personnel, Flemington (du nom de son lieu de naissance), sur son propre label, Deadeye Records (le disque ressortira sous le simple nom de Danny Federici en 2001, sur le label Hip-O Records). Son jazz doux est un retour à ses racines, aidé par le bassiste Garry Tallent et le guitariste Nils Lofgren.

Au printemps 2004, sort Sweet, son second album (le disque sera réédité en 2005 sous le titre Out Of A Dream par le label V2 Records), un nouvel effort jazz, pimenté de funk, et co-écrit avec Michael Cates.

En novembre 2007, en plein milieu de la tournée Magic, Danny Federici annonce publiquement qu'il se met en retrait du E Street Band et de la tournée en cours, afin de soigner un mélanome. Alors en plein traitement, le 20 mars 2008, à Indianapolis, Danny rejoint sur scène ses amis du E Street Band pour quelques chansons. Ce sera son ultime prestation. Danny Federici s'éteint le 17 avril 2008, à New York, au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center.

L'album Working On A Dream (2009) lui sera dédié, et la chanson The Last Carnival sera écrite spécifiquement par Bruce Springsteen pour son ami éternel.

En tant que musicien de studio, Danny Federici a également joué pour Joan Armatrading (sur l'album Me Myself I), Gary U.S. Bonds (Dedication & On The Line), The BoDeans (Blend), Brother (Exit From Screechville), Joe Bean Esposito (Treated & Released), Kevin Gordon (Cadillac Jack's #1 Son), Garland Jeffreys (Escape Artist), Evan Johns & His H-Bombs (Evan Johns & The H-Bombs, Bombs Away! & Love Is Murder) Peter Kelley (Path of the Wave), Little Steven (Men Without Women), Carla Olson (Wave of the Hand: The Best of Carla Olson), Graham Parker (The Up Escalator) ou Armand St. Martin (Alligator Ball).

Une fondation, le Danny Federici Melanoma Fund porte désormais son nom.

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NOTES

(1) Le Lawrence Welk Show était une émission américaine, diffusée localement de 1951 à 1955, puis dans tout le pays de 1955 à 1982. Son présentateur, Lawrence Welk, était un accordéoniste.

(2) The Original Amateur Hour était une émission radiophonique américaine de télé-crochet, de 1934 à 1952, avant de devenir parallèlement une émission télévisée de 1948 à 1970.


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