Bruce Springsteen
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

The Advocate, 02 avril 1996

The Advocate Interview



En attendant de savoir si Dead Man Walking, sa deuxième chanson à être nominée aux Oscars, se transformera en une deuxième victoire, Bruce Springsteen parle, pour la première fois, à la presse homosexuelle.

****

The Advocate, 02 avril 1996
"Le bonus que j’ai retiré, en écrivant Streets Of Philadelphia, a été que, tout à coup, je pouvais sortir et rencontrer un homosexuel quelque part et il n'aurait pas eu peur de me parler et de me dire, 'Hé, cette chanson a vraiment signifié beaucoup pour moi'. Mon image avait toujours été très hétérosexuelle, très hétéro. A mes yeux, c'était donc une belle expérience, une occasion de clarifier mes propres sentiments sur les droits des gays et des lesbiennes" nous raconte Bruce Springsteen, la mégastar la plus attentionnée du rock. Assis dans le salon faiblement éclairé d’une suite d’hôtel de West Hollywood, l'homme que le monde surnomme "le Boss", parle de sa chanson tirée du film Philadelphia qui lui a rapportée un Oscar et un Grammy en 1994 – une chanson détaillant les sentiments d'un homosexuel faisant face au bouleversement final de sa lutte contre le Sida.

Aujourd'hui, avec Dead Man Walking, son deuxième titre nominé aux Oscars, et The Ghost Of Tom Joad, son nouvel album acoustique dépouillé, Springsteen, 46 ans, semble être soulagé de retourner à nouveau vers l’essence délibérément non commercial de son talent pour l'écriture et l'étude sociale, dans ce qu'il a de meilleur. Comme Streets Of Philadelphia et l'audacieux Nebraska de 1982 – enregistré avec un magnétophone à son domicile – le dernier album de Springsteen, et la tournée qui l'accompagne, a dépouillé son rock musclé taillé pour les stades pour en faire un concert sombre d’un homme seul en scène. Pas de E Street Band, pas de foules passionnées agitant des briquets depuis les balcons et hurlant "Bru-u-u-ce !". Simplement Springsteen, seul sur scène, chantant depuis les ombres qui planent sur tout ce qui tourne mal entre les gens, dans le monde d'aujourd'hui.

Pour beaucoup de sceptiques, l'idée qu'un rocker pur et dur venant des rues malfamées du New Jersey, grandisse, devienne riche, et s’aligne lui-même aux côtés des démunis, est assez improbable. Cependant, c'est exactement la façon de faire de Springsteen. Bien qu'il ait vendu des millions d'albums, remplis des milliers de salles de spectacles, et remporté des montagnes de Grammy et de distinctions, il a toujours, au cours des années, réussi à apporter son soutien directement ou indirectement à des gens ou à des causes, aussi diverses que Amnesty International, l'alimentation de ceux qui meurent de faim en Afrique (We Are The World), la situation critique des immigrants, la prise de conscience du Sida, et la lutte des gays et lesbiennes. "Après le soutien de Bruce, apparu à mes côtés, l'année dernière, sur (la chaîne) VH1, nous sommes devenus amis" raconte Mélissa Etheridge, la rockeuse lesbienne. 'Je pense que le fait d'avoir sa chanson dans le film Philadelphia l'a amené à rencontrer beaucoup d'homosexuels et à apprendre énormément sur nos vies. Ma petite amie, Julie, est toujours avec moi quand je vais chez lui, et il nous traite toujours comme un couple. Je lui ai souvent parlé de ma frustration de ne pas pouvoir me marier légalement, et il a toujours été compatissant et d'un grand soutien'.

Les propres épreuves de Springsteen pour trouver l'amour et fonder un foyer ont été bien documentées, à la fois dans la presse et dans ses chansons. Après 11 années d’ascension herculéenne vers le statut de superstar – commencée avec Greetings From Asbury Park N.J. en 1973 et culminant en 1984 avec Born in the U.S.A.- il s'est marié avec l'actrice-mannequin Julianne Phillips. Le mariage s'est achevé dans les pages des tabloïds quatre ans plus tard, quand Springsteen est tombé amoureux de sa choriste, Patti Scialfa. Ils se sont mariés en 1991 et ont trois enfants.


Lu 1796 fois