Bruce Springsteen
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Episode 4 - Born To Run : La perte de l'innocence

Renegades : Born In The U.S.A.



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POTUS BARACK OBAMA: Qu'est-ce qu’être Américain signifie ? Les histoires et les tournures d'esprit qui nous relient ensemble en tant que peuple.

Pour la plupart des américains qui ont grandi dans les années 50, les réponses étaient assez simples. Nous étions des travailleurs épris de liberté. De farouches individualistes avec un esprit battant. Nous avons ouvert la frontière et construit de puissantes industries et avons permis à tout le monde de récupérer sa part du rêve Américain. Nous étions du bon côté de l'histoire; ayant vaincu Hitler et libéré l'Europe. Nous avons monté la garde face à un communisme totalitaire, et sans Dieu – afin de rendre le monde sans danger pour la démocratie. Nous regardions les mêmes émissions de télévision et écoutions les mêmes programmes à la radio. Nous aimions les Westerns et le base-ball, les hot-dogs et la tarte aux pommes, les voitures rapides et les parades du 4 juillet (1).

C'est l'histoire que nous nous sommes racontés, de toute façon. Mais l'histoire n'était pas complète. Elle avait laissé de côté beaucoup de choses. Que ce soit la discrimination permanente contre les bruns et les noirs. Ou toutes les fois où les femmes étaient encore supposées rester à leur place. Ou certaines des vilaines réalités de notre politique étrangère au cours de la Guerre Froide. Bruce et moi avons atteint la majorité pendant que les jeunes remettaient énormément en cause les mythes les plus précieux de l'Amérique. Il en a résulté une division amère de plus en plus forte au sein du pays. Une guerre politique et culturelle que nous combattons, de beaucoup de façons, encore aujourd'hui.

Mais avant d'aborder ces sujets lourds, je me suis mis derrière le volant de la Corvette vintage que Bruce conserve dans sa ferme. Et nous sommes allés faire un petit tour pour le plaisir. Un de ces tours dont les agents du Secret Service (2) apprécient peu. Pour nous, c'était un symbole de notre histoire d'amour partagée par tous les Américains pour la route dégagée...

[Les cordes d’une guitare électrique sonnent énergiquement]

***

[Raté bruyant d’allumage du moteur]

POTUS BARACK OBAMA: Uh oh.

BRUCE SPRINGSTEEN: C’est normal, tu as bien fait.

POTUS BARACK OBAMA: Je ne veux pas...

BRUCE SPRINGSTEEN: Tu dois juste appuyer sur l'accélérateur.

POTUS BARACK OBAMA: Oh.

BRUCE SPRINGSTEEN: Tu dois appuyer sur l’accélérateur.

POTUS BARACK OBAMA: Allez, Bruce.

[Le moteur démarre]

[Une guitare électrique joue énergiquement]

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui, appuie.

POTUS BARACK OBAMA: On y est.

BRUCE SPRINGSTEEN: Tu as juste besoin d’accélérer... Et pendant que tu démarres, donne un peu de jus.

[Le moteur gronde]

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: Allez !

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires] AHHHHH HAAAAAAA !

[Cadillac Ranch de Bruce Springsteen]

POTUS BARACK OBAMA: Il est temps pour nous d’y aller !

POTUS BARACK OBAMA: Tu sais quoi ? On doit aller quelque part ?

BRUCE SPRINGSTEEN: On doit rester dans la ferme ou on peut sortir ?

POTUS BARACK OBAMA: Je peux sortir de la ferme ?... Je sais que le Secret Service va se ruer.

[Le moteur rugit]

[Cadillac Ranch de Bruce Springsteen continue de jouer]

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires] Comment se sent-elle ?

POTUS BARACK OBAMA: J’ai un souci, mais tu sais quoi ? Il y a des fois où tu dois juste faire...

BRUCE SPRINGSTEEN: Tu dois faire ce que tu dois faire.

POTUS BARACK OBAMA: Tu dois faire quelque chose, mec.

[Le moteur rugit]

BRUCE SPRINGSTEEN: Ahhh ! [rires]

POTUS BARACK OBAMA: Oui, mon pote !

[Cadillac Ranch de Bruce Springsteen: “Cadillac, Cadillac... Long and dark... shiny and black… Open up your engines let 'em roar... Tearin’ up the highway... like a big ol’ dinosauuuuur…]

[La radio remplace la musique]

BRUCE SPRINGSTEEN: Ohhhhhhhhhhh !

POTUS BARACK OBAMA: Le moment est parfait.

BRUCE SPRINGSTEEN: Tu vas prendre, va à droite juste là.

POTUS BARACK OBAMA: A droite, celle-là ?

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui. Ahhh ! Il fallait le faire !

POTUS BARACK OBAMA: Il fallait le faire !

BRUCE SPRINGSTEEN: Il fallait appuyer sur la pédale. C’est le pied, mec. On se souviendra de celle-là [rires]

POTUS BARACK OBAMA: Vas-y, mec !

BRUCE SPRINGSTEEN: On se souviendra de celle-là.

POTUS BARACK OBAMA: Photo !

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

[La radio s’éteint]

POTUS BARACK OBAMA: Il fallait qu’on l’essaye !

BRUCE SPRINGSTEEN: Bonne ballade, frère B. Bonne ballade, frère B.

POTUS BARACK OBAMA: C’est juste... On roule et je me disais...

BRUCE SPRINGSTEEN: J’ai essayé de le faire aller à Freehold, mais... [rires]

[La porte s’ouvre]

POTUS BARACK OBAMA: Les gars, je sais que nous sommes en retard. C’est la faute à Bruce.

BRUCE SPRINGSTEEN: C’est vrai.

POTUS BARACK OBAMA: Tout le monde est là ? Tout le monde est prêt... J'assume.


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