Bruce Springsteen
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Episode 8 - Se tourner vers le renouveau Américain

Renegades : Born In The U.S.A.



POTUS BARACK OBAMA: Bruce et moi avons terminé nos échanges par un retour vers là où nous avons commencé, en nous questionnant, « Que faudra-t-il pour restaurer la foi en cette promesse Américaine ? », « Comment raconter une nouvelle histoire unificatrice sur notre pays, qui soit en phase avec nos idéaux les plus élevés, tout en établissant un décompte honnête des sujets sur lesquels nous n’avons pas été à la hauteur ? » Ce n’est pas chose aisée à faire en ces temps cyniques, surtout lorsque vous avez des milliers de médias différents et de plate-formes internet qui vous expliquent que vous pouvez gagner beaucoup d’argent en encourageant la colère et le ressentiment du peuple.

[L’orgue joue]

Cependant, d’une manière ou d’une autre, nous croyons tous les deux qu’une telle histoire est toujours là, d’une certaine façon, prête à être raconter, et que les citoyens à travers le pays, ont faim de la connaître. Nous sommes convaincus que pour tous nos désaccords, la plupart d’entre nous a hâte d’une Amérique plus juste et plus empathique. Une Amérique qui appartient à tous. Nous avons commencé à explorer cet esprit-là avec le récit d’un cadeau invraisemblable qu’une inconnue m’a fait au cours de ma campagne. Et avec Bruce expliquant l’histoire qui se cache derrière une de ses chansons les plus populaires et les plus mal comprises.

[L’orgue joue en fond, puis s’estompe]

****

BRUCE SPRINGSTEEN: Dis-moi, quand as-tu pensé la première fois que tu voulais te présenter à l’élection présidentielle ?

POTUS BARACK OBAMA: Uh, oh [rires]

BRUCE SPRINGSTEEN: Quelle était ton ambition ? [rires] Qu’est-ce qui... [rires] Qu’est-ce qui t’en a donné l'envie ? [rires]

POTUS BARACK OBAMA: On m’a certainement fait tomber sur la tête.

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: L'envie remonte à tout ce dont nous avons parlé... A cette idée d’aligner l’Amérique avec ses idéaux. C’était mon travail, c’était mon but. Si tu le fais de manière correcte, concourir à la Présidence ne te concerne pas, en fait. Le sujet, c’est de trouver le chœur, trouver le collectif. Au début de la campagne, je dois me rendre en Caroline, dans une ville appelée Greenwood. La raison pour laquelle je m'y rends, c’est parce que je voulais à tout prix le soutien de la législature de l’État (1). Et on me dit, « Si vous venez dans cette ville, je vous donnerai mon soutien ».

BRUCE SPRINGSTEEN: Mhmm.

POTUS BARACK OBAMA: « Dans ma ville ».

[La guitare acoustique joue en fond]

Je réponds, « Oui ». Il se trouve que cette ville est à une heure et demi de la grande ville...

BRUCE SPRINGSTEEN: Ok.

POTUS BARACK OBAMA: ...la plus proche. Et à l’époque, je suis tombé bas dans les sondages, et nous arrivons sur place, et il pleut fort, et le New York Times vient de publier un article à charge contre moi. Et puis tu sais, tout le monde commence à se dire, « Il ressemble à un feu de paille »... Finalement, j’arrive là-bas et... C’est un gymnase peut-être, ou quelque chose comme ça. Et j’entre, et je suis mouillé, je suis de mauvaise humeur, et tout à coup, alors que je serre des mains à tout le monde, j’entends...

[Archive audio de Edith Childs et du Président Obama scandant: “Gonflé à Bloc ! ...Gonflé à bloc !”]

POTUS BARACK OBAMA: « Gonflé à bloc ! »

BRUCE SPRINGSTEEN: « Prêt à y aller ! »

POTUS BARACK OBAMA: « Prêt à y aller ! »

[Archive audio de Edith Childs et du Président Obama scandant: “Prêt à y aller ! Gonflé à Bloc ! Gonflé à bloc ! Prêt à y aller !”]

POTUS BARACK OBAMA: Il s’est avéré que cette... [rires] magnifique femme s’appelait Edith Childs.

[La guitare acoustique joue en fond]

POTUS BARACK OBAMA: C’était une sorte de détective privée à mi-temps [rires]

BRUCE SPRINGSTEEN: D’accord [rires]

POTUS BARACK OBAMA: Et elle avait un grand sourire, et elle portait une robe assez flamboyante et un chapeau, et apparemment, elle avait l’habitude de scander ce chant.

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: « Gonflé à bloc, prêt à y aller » Et je me suis dit, au début, « C’est dingue ».

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: Mais tout le monde répétait ces mots, alors je me suis dit, « Et bien, je ferais mieux de faire pareil. De toute façon, je suis là ». Et tout à coup, j’ai commencé à me sentir bien. Et, j’ai adoré.

BRUCE SPRINGSTEEN: C’est formidable.

POTUS BARACK OBAMA: L’excentricité de...

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: ...de la détermination dont elle faisait preuve.

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: C’était juste une détermination joyeuse.

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: Soudain, je suis de meilleure humeur. Nous avons une bonne conversation avec les personnes présentes. Quand je pars, je dis à mon équipe, « Êtes-vous gonflés à bloc ? Êtes-vous prêt à partir ? » C'est ce que j'ai découvert pendant la campagne présidentielle, c'est que les gens te portent.

BRUCE SPRINGSTEEN: Évidemment.

POTUS BARACK OBAMA: Ce n'est pas toi. Tu fais passer leur énergie.

[La guitare acoustique joue]

Leurs espoirs. Leurs puissances. Ah, leur résilience. Ce que tu découvres également - on s'y attend - c'est que certaines des tensions les plus sombres de la vie Américaine sont présentes. Tu sais, lorsque je suis allé en Caroline du Sud, j'ai connu ce grand moment avec Edith Childs. J'ai aussi eu des moments où je suis entré dans un restaurant... Et j'ai commencé à serrer des mains et tout le monde...

BRUCE SPRINGSTEEN: D'accord.

POTUS BARACK OBAMA: ...était très gentil, et puis tu arrives à une table.

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: Où on ne te serre pas la main.

BRUCE SPRINGSTEEN: Hmm.

POTUS BARACK OBAMA: Tu comprends... Et puis tu pars en voiture et tu aperçois un drapeau confédéré (2) hissé par certains protestataires. Le message n'est pas vraiment subtil [rires]

BRUCE SPRINGSTEEN: Non.

POTUS BARACK OBAMA: Dans l'ensemble, pour chacun de ces moments, tu as 10...

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: ...15, 20, 30 moments de petite gloire, tu comprends ? Il n'y a pas une seule manière d'être un Américain, et c'est la raison pour laquelle lorsque tu vois certaines politiques qui ont émergé...

BRUCE SPRINGSTEEN: Dingue... Si répugnant, mec.

POTUS BARACK OBAMA: Quand tu entends... Parce qu'au cours de notre campagne, il y avait Sarah Palin (3), qui était une sorte de prototype et une précurseur de...

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: ...ce qui allait arriver après. Et elle parlait des vrais américains et moi, visiblement, je ne correspondais pas à ces critères-là. Et lorsque je l'entends, je m'interroge, « Tu ne t'es pas beaucoup promené, parce que...

BRUCE SPRINGSTEEN: [rires]

POTUS BARACK OBAMA: ...les Américains sont de toutes les tailles et de toutes les formes ».

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: Et c'est une joie de faire campagne pour la présidence. Tu visites les cinquante États.

[Bruce Springsteen - Born In The USA]

Tu rencontres des citoyens de tous horizons et de toutes positions, et il y a un fil conducteur parmi eux... ou entre eux. Il y a ce lien. Il y a cette chaîne. Même si tu sais, les conservateurs, les libéraux... Il y a un ensemble commun de valeurs, mais elles ont été très profondément enterrées. Une partie de l'intensité de nos débats vient précisément du fait que nos sujets de désaccords sont les contradictions que nous portons en nous.

[Bruce Springsteen - Born In The USA est jouée en fond: “Booorn in the U.S.A... I was...Booorn in the U.S.A... I was...Booorn in the U.S.A....Booorn in the U.S.A...”]


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