Bruce Springsteen
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Episode 1 - Outsiders : Une amitié improbable

Renegades : Born In The U.S.A.



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POTUS BARACK OBAMA: Nous avons commencé la conversation en parlant tous les deux du sentiment de s'être sentis tels des outsiders, d'une certaine façon. Une partie de ma politique, une grande partie des discours que j'ai prononcé par le passé, a toujours été d'affirmer que l'Amérique est un lieu dans lequel tu n'as pas besoin d’apparaître d'une certaine façon, tu n'as pas besoin de venir d'une certaine famille, tu n'as pas besoin d'avoir une certaine éducation religieuse. Tu dois juste avoir une fidélité à tes principes, à une croyance. Tu sais, on me demande parfois quel est mon discours préféré parmi tous les discours que j'ai prononcé, et il se pourrait bien que ce soit le discours que j'ai donné pour le 50ème anniversaire de la marche sur le pont Edmund Pettus. (6)

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: En partant de Selma.

BRUCE SPRINGSTEEN: C'est un grand discours.

POTUS BARACK OBAMA: C'était une époque où tu pouvais déjà voir monter ces critiques.

[La guitare joue]

Pas uniquement sur moi, mais sur les progressistes, qui étaient considérés comme « non-Américains », « pas de vrais Américains », ou « qui n'aiment pas l’Amérique ».

[La guitare joue]

Et j'ai pensé que c'était le bon moment pour capturer une idée différente de l'Amérique. J'ai pensé que cet anniversaire, aux côtés de John Lewis, et de George W. Bush – tous ces personnes célébrant ce moment de notre histoire. D'un côté, tu as les outsiders : les étudiants noirs et les femmes de ménage et les ouvriers agricoles et les serveurs.

[Extrait du Bloody Sunday : Dispersez-vous, on vous ordonne de vous disperser. Rentrez chez vous ou allez à l'église. Cette marche ne continuera pas...]

POTUS BARACK OBAMA: Et de l'autre côté : le pouvoir de l’État.

[Extrait du Bloody Sunday : Les troupes, là, avancent vers le groupe.]

POTUS BARACK OBAMA: Et il y a une impasse. Ce clash historique entre deux idées de l'Amérique. D'un côté, tu as l'idée que, « Non, l'Amérique n'appartient qu'à des personnes qui doivent être d'une certaine façon et ressembler à un certain type ». Et de l'autre côté, guidé par un gamin de 25 ans, avec son manteau et son sac, l'idée que « l'Amérique appartient à tout le monde ».

[Extrait de John Lewis : Nous marchons vers la capitale de notre État pour dramatiser aux yeux de notre nation et du monde notre détermination à gagner notre citoyenneté de première classe.]

POTUS BARACK OBAMA: Finalement, ce qui fait que l'Amérique est l'Amérique, ce sont tous ces outsiders et tous ces marginaux et tous ces types qui essayent de faire quelque chose à partir de...

BRUCE SPRINGSTEEN: A partir de rien.

POTUS BARACK OBAMA: ...de rien. C'est donc devenu le thème de mon discours. J'ai commencé par dire, « Laissez-moi vous parler de l'Amérique. Nous sommes Lewis et Clark et Sacagawea. Nous sommes les pionniers et les fermiers et les mineurs et les entrepreneurs et les marchands ambulants – ceci est notre... »

[Extrait du discours de Barack Obama - Ceci est notre esprit. C'est ceux que nous sommes. Nous sommes Sojourner Truth et Fannie Lou Hamer, des femmes qui pouvaient faire autant que n'importe quel homme et bien plus encore. Et nous sommes Susan B. Anthony, qui a secoué le système jusqu'à ce que la loi reflète cette vérité. Ceci est notre caractère. Nous sommes les immigrants qui ont voyagé clandestinement par bateau pour atteindre ces côtes, ces populations entassées aspirant à vivre libres – les survivants de l'Holocauste, les transfuges soviétiques, les garçons perdus du Soudan.

POTUS BARACK OBAMA [en direct et en extrait]: Nous sommes les esclaves qui ont construit la Maison Blanche et développé l’économie du Sud...

POTUS BARACK OBAMA: « ...Nous sommes les cow-boys et les ouvriers agricoles » et la partie que tu aimeras, j'en suis certain, « Nous sommes les conteurs, les écrivains, les poètes, les artistes qui abhorrent l’injustice...

[Bruce improvise doucement à la guitare...]

...et méprisent l’hypocrisie, qui donnent une voix à ceux qui n’en ont pas, qui racontent les vérités qui ont besoin d’être dites. Nous sommes les inventeurs du Gospel, du Jazz et du Blues, du Bluegrass, de la Country, du Hip-Hop et du Rock’n’Roll, de nos propres sons, celui des douces tristesses et des joies sans fin de la liberté. Nous sommes Jackie Robinson, méprisé, frappé à la tête avec des clous et des massues, mais parvenant tout de même à enchaîner les home runs lors des World Series. Nous sommes le peuple que décrivait Langston Hughes, celui qui « construit ses temples pour demain, aussi solides que possible ». Nous sommes le peuple que décrivait Emerson, celui qui, « au nom de la vérité de l’honneur, se tient droit et peut souffrir longtemps », nous sommes ceux qui « ne sont jamais fatigués, si tant est que nous puissions voir au loin ».

Voilà ce qu’est l’Amérique. Pas des photos d’agence ou une histoire peinte à la bombe de peinture, ou de médiocres tentatives de définir certains d’entre nous comme plus Américains que d’autres. Nous respectons le passé, mais nous ne sommes pas nostalgiques. Nous n’avons pas peur de l’avenir, nous le saisissons. L’Amérique n’est pas une chose fragile. Pour paraphraser Whitman, un territoire « accueillant des multitudes ». Nous sommes tapageurs, éclectiques, pleins d’énergie, et perpétuellement jeunes d'esprit. C’est la raison pour laquelle une personne telle que John Lewis, à l’âge ô combien avancé de 25 ans a pu mener une si grande manifestation.

[Extrait du discours de Barack Obama : Nous honorons ceux qui ont marché pour que nous puissions courir. Nous devons courir pour que nos enfants puissent voler. Et nous ne fatiguerons pas, car nous croyons en la puissance d’un Dieu formidable. Et nous croyons en la promesse sacrée de ce pays...]

POTUS BARACK OBAMA: C'est la raison pour laquelle John s'est battu. C'est ce dont tu chantes, et c'est ce pourquoi ces gamins s'organisent, là dehors.

BRUCE SPRINGSTEEN: Oui.

POTUS BARACK OBAMA: D'accord ?

BRUCE SPRINGSTEEN: Amen


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