Bruce Springsteen
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Par Elliott Murphy



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Par Elliott Murphy
Bruce et moi avons concrètement chanté ensemble pour la première fois en 1992 lorsqu'il m'invita sur la scène de Bercy à Paris, presque vingt ans après notre première rencontre. Il suggéra que nous jouions ma chanson Rock Ballad de l'album Just a Story From America. C'était un moment extraordinaire pour moi et je dois admette que j'étais nerveux à mort. Lorsque je suis monté sur scène avec l'assistant ô combien regretté de Bruce, le fantastique Terry Magovern, je crois que je tremblais ostensiblement et Terry a posé sa grosse main sur mon épaule et dit: "Elliott, c'est comme dans le temps, y'a seulement plus de gens". Ceci me détendit immédiatement et Bruce et moi avons attaqué la chanson devant 18 000 fans, comme si nous étions de retour au Max's Kansas City. Entendre nos voix ensemble tenait de l'épiphanie - le mélange était meilleur que ce que j'aurais pu imaginer. Ainsi, lorsqu'il fut temps pour moi d'enregistrer un nouvel album, j'écrivis une chanson, Everything I Do (Leads Me Back To You), pour que nous la chantions ensemble et espérai que Bruce accepterait mon idée de duo. Je vivais à Paris depuis quelques années et lors de mon retour suivant aux États-Unis, je me rendis dans le New Jersey pour jouer en personne à Bruce la démo de ma chanson. Il était amusant que nous nous retrouvions dans sa voiture à écouter la cassette - c'était un instant tiré de Rock Dreams, les deux "Nouveaux Dylan" assis dans une Jeep sous la pluie, au fin fond du New Jersey, les balais d'essuie-glaces battant la mesure. Bruce écouta ma chanson en entier et dit : "Ouais, je pourrais chanter quelque chose là-dessus".

Je m'attendais à ce qu'il ne fasse que des chœurs sur le refrain mais, lorsqu'il me retourna les cassettes, il avait non seulement chanté sur les refrains, mais il avait de surcroit ajouté un couplet tout seul, parlant de comment vous continuiez à rouler même quand les pneus étaient à plat. Je crois qu'il ne pouvait résister à la métaphore automobile. Et une nouvelle fois, il tint sa promesse, prouvant superbement son amitié et sa générosité à mon égard. Et l'avoir sur mon album Selling The Gold introduisit ma musique dans le monde de ses fans. Un mois durant, Everything I Do (Leads Me Back To You) fut la chanson la plus téléchargée sur Internet, dans ses premiers temps des téléchargements numériques.

Nous sommes en 2012 et, alors que j'écris ceci, je ne suis qu'à quelques jours d'une tournée espagnole - huit concerts d'affilée - suivie par des dates en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Suisse. Je dois admettre que je suis quelque peu nerveux car je dois donner quinze concerts en un mois et que j’approche d'un âge où beaucoup de ceux de ma génération pensent à raccrocher. Mais ce n'est pas au programme pour moi, car j'imagine que si Bruce peut continuer à monter sur scène, alors Elliott le peut aussi. Je ne sais pas si nos chemins se croiseront pendant qu'il est en tournée avec le E Street Band cet été et que je poursuis mon interminable périple de troubadour, ni si j'aurai le plaisir d'être invité sur un de ses concerts mais si c'est le cas, vous pouvez être sûr que je me souviendrai des mots rassurants de Magovern : "C'est comme dans le temps...".

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NOTES

(1) Référence au film Absolute Beginners de Julien Temple.

(2) Référence au roman de Jay McInerney, Bright Light, Big City (Journal d'un oiseau de nuit).

(3) Référence au morceau Jungeland de Bruce Springsteen, sur l'album Born To Run.

(4) Référence au morceau Positively 4th Street, de Bob Dylan, enregistré en 1965.

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